Fruits d'hiver... Zé variés... Nature morte vivante... Certes, ils ont été cueillis, Mais ils donnent envie de les croquer, Ils sont beaux ensemble Et individuellement... Ilscomposent un tableau De couleurs, Mais aussi de saveurs... Le grain de raisin qui craque entre les dents, Celui de la poire qui réveille les papilles, Le parfum de la clémentine, pavlov de Noël, Le sucré de la datte qui appelle l'amande, Et le litchi qui sortant de sa coque Se pare de rose pâle et nacré... A les imaginer L'eau en vient à la bouche...
Usé par le temps... Et pourtant témoin de ce temps.. Les vieux objets ont cet avantage, Sur nous les humains, Même s'ils ont subi les outrages des ans, Ils gardent, aux yeux de certains, un certain intérêt... Je fais partie de ceux-là.... Ayant "récupéré" ce Voltaire, Qui a dû appartenir à mes arrières grands-parents, Que j'ai gardé dans un coin, J'ai eu envie de lui rendre vie... Il y a deux ans de cela, J'ai eu un "bon pour" retaper cefauteuil, Lui rendre assise... J'ai pris contact avec un tapisseur, Un artisan aimant son art, Qui m'a présenté de nombreux tissus, L'habit était important à choisir, Primordial même... J'avais opté par avance pour quelque chose de classique, Point trop, mais un peu, Juste pour ne pas le brusquer Pour son retour dans un autre siècle.. Et puis, dans cet atelier-boutique, Mes yeux se sont posés sur un fauteuil bridge, Revêtu de ce qui semblait être une peau de zèbre... Mais qui était en fait un velours de lin, Au toucher incomparable. J'ai trouvé ça très beau, Et spontanément, un élan (dingue non ?) M'a donné envie d'offrir cette robe à mon fauteuil... Puis, j'ai commencé à réfléchir, A me dire que ce n'était pas très orthodoxe, Pas très catholique, Pas très comme il faut... Toutes ces interrogations ont failli me faire renoncer, Me faire revenir sur ce que j'avais spontanément choisi. Alors, j'ai dit stop, Peu m'importe ce qu'il en sortira, Je parie sur le zèbre de l'élan... Et le résultat m'a donné raison, Mais pas seulement, Je suis ravie, Et je pense que lui aussi, Il a bonne mine, non ?
Quelle classe quand même ! Étonnant ce regard, La tête posée tranquillement sur la patte... Elle semble dire "et alors !" Amusez-vous à la fixer un moment...
L'art de l'évidence... Ou peut-être, L'art ou l'évidence... En regardant en détail ce lion couché, (qui orne l'entrée du Musée Jacquemart-André à Paris) J'ai retrouvé le même ressenti Que lorsque je vois un sportif réaliser avec aisance Des exploits qui finissent par passer inaperçus. Je m'explique... Ce lion semble tellement réel, (Au détail près qu'il a dû se baigner Dans une fontaine pétrifiante) Sa crinière semble si réaliste, Son endormissement est si bien rendu, Qu'à premier abord, J'oublie de m'extasier Sur le don de l'artiste qui l'a réalisé. Lorsque l'aboutissement d'heures et d'heures de travail Amènent à la perfection, Elles ne sont plus que parenthèses, Elles s'effacent, Seul le résultat est perçu, Comme une évidence presque facile... Je m'efforce alors à mettre en œuvre Une forme d'empathie, Saurais-je faire ?... L'évidence de la réponse Remet les pendules à l'art...
L'eau passe sous les ponts, Le temps S'écoule entre les doigts, Comme le sable... Il est bon d'en savourer chaque grain, Chaque jour, Chaque heure, Chaque instant...